Les russes débarquent au Mali.

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Le 23 septembre dernier, le général Stephen Townsend du commandement des États Unis pour l’Afrique  ”Africom” s’est rendu à Bamako. Objectif, faire part aux autorités maliennes de sa désapprobation de la présence des contractors russes de la société Wagner au Mali. Dans la même lancée , la ministre françaises des armées  Florence Parly a estimé qu’une présence russe au Mali isolerait le pays sahélien de la communauté internationale.

En effet, tous les pays de l’Otan présents au Mali ne tolèrent pas l’arrivée de l’indésirable russe.

Prudence des autorités maliennes et russes ?

Il est quasiment puérile de croire que la présence de Wagner au Mali s’est faite sans une facilitation des officines de Moscou. En réalité, on pourrait même penser qu’il s’agisse d’une méthode de pénétration indirecte des russes dans l’échiquier politique malien.

Déjà présent en Libye aux côtés des hommes du Maréchal Khalifa Aftar et en Centrafrique au sein du dispositif sécuritaire et militaire du Président Touadera, les russes marquent progressivement leur grand retour en Afrique.

 Poutine tisse sa toile dans le Golfe de Guinée, à la frontière des grands lacs, au Sahara et au Sahel. La méthode de Moscou (soft power) s’explique par le fait que le Mali est un Etat du ”pré carré français”, il ne faut donc pas brusquer les choses.

De plus, les Etats Unis sont militairement présents à Tamanrasset en Algérie, Nema en Mauritanie, à Agadez au Niger et Tessalit au Mali.

Comme en Centrafrique, on a d’abord parlé de la présence de quelques instructeurs russes, puis la suite tout le monde la connaît. Il semblerait que Bamako obéisse à peu près au même schéma.

La Russie sait qu’il faudra compter avec l’Afrique. D’ailleurs, le sommet Russie-Afrique organisé il y a quelques années à Sotchi en est la preuve. Mieux, la livraison de 4 hélicoptères de combat russes aux forces armées maliennes le vendredi 1er octobre 2020 témoigne de ce rapprochement, cette coopération qui se renforce.

Moscou souhaite déplacer son ”étranger proche” car comme le dit le Président de la grande fédération, Vladimir Poutine:”la Russie n’a pas de frontières”.

Quant aux autorités maliennes, il s’agit pour elles, de trouver un partenaire plus efficace, crédible et surtout ayant un véto au conseil de sécurité des Nations Unies.Elles ont à cœur l’intégrité territoriale du Mali. Pour cela, elles ne regardent pas uniquement à la question du terrorisme, mais elles sont aussi préoccupées par l’absence de l’autorité de l’État dans les régions du Nord.

Bamako entend donc profiter de l’expertise russe pour réussir sa métamorphose sécuritaire notamment avec la construction d’une nouvelle école de guerre.

Il convient de préciser que la question malienne est loin de trouver son épilogue vu qu’elle s’ intègre dans un enjeu beaucoup plus grand, celui du contrôle des ressources du Sahel. Une région extrêmement riche en pétrole, uranium manganèse, fer, gaz etc…

Le Sahel est l’objet d’une lutte d’influence, une compétition pour le contrôle des ressources du triangle d’or (Mali, Mauritanie Niger). En fait, la raréfaction des hydrocarbures sur la planète pousse les acteurs internationaux à trouver de nouveaux réservoirs.

 Par ailleurs, contrôler le Sahel, c’est avoir accès à un marché de plus de 200 millions de consommateurs. A cela s’ajoute une bataille des civilisations occidentale, musulmane, confucéenne et peut-être orthodoxe avec l’entrée en scène de la Russie.

La position géographique du Sahel, la rend stratégique puisqu’elle  est une région aux portes du Golfe de Guinée et du Maghreb.

D’ailleurs, les États Unis y auraient déjà installé un centre d’écoute relié à leur réseau échelon de la NSA.

Au regard de ce qui précède, il est clair que cette région risque d’être le théâtre d’un affrontement international, d’une nouvelle course aux armements. Les ingrédients d’une instabilité permanente sont réunis.

Tout ceci peut  expliquer et justifier  l’obsession des autorités maliennes pour la sécurité.

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