École de guerre malienne : quelles perspectives ?

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Le Président de la République malienne, le colonel Assimi Goita a décidé de la création d’une école de guerre au Mali afin de renforcer l’autonomie du pays en matière de sécurité et de défense mais aussi de rendre plus efficace la lutte contre le terrorisme. Cette école va permettre au pays de réaliser plusieurs économies et de créer une cohésion et une synergie au sein des forces de défense et de sécurité.
Ce changement de paradigme va sans doute transformer la culture stratégique malienne et inaugurer l’avènement d’une approche militaire made in Mali.
Un bémol tout de même. Si cette décision constitue déjà une révolution , l’ouverture d’une école de guerre ne suffit pas pour transformer le système de défense et de sécurité et ce, particulièrement dans une zone aussi instable que le Sahel.
Il urge en Afrique de mettre sur pied une industrie de l’armement. La fabrication des armes légères et lourdes, des véhicules aériens sans équipage et la domestication d’un système d’armes létales autonomes.  Tout comme les chars,  le renforcement de systèmes de cyber défense entre autres.
 Pour les nations qui disposent d’ un accès à la mer, il va sans dire que le renforcement des capacités et de moyens de défense maritimes doit être pris en considération (navires de guerre auto navigateur….).
L’objectif est de mettre un terme dans des délais raisonnables au système d »import import » d’armes et équipements militaires qui plombe les économies africaines déjà fragiles et qui fait des armées du continent des pâles copies des armées étrangères.


Le Mali devra faire face dans les années avenir à de grandes convoitises. Ses réserves de pétrole à Taoudeni, son potentiel petro-gazier qui s’étend sur plus de 850.000 km suscitent l’intérêt des forces exogènes, France, Chine, Russie, États-Unis entre autres.
A cela s’ajoute des sociétés de pays bien connus qui  avaient déjà pris pied dans la région (Sahel) à savoir Qatar Petroleum ou encore le koweïtien Kufpec.
Les pays du Maghreb ne sont pas en reste car l’algérien Sonatrach et la tunisienne ETAP ont depuis 2010 décidé de prendre une part active dans l’exploitation du pétrole malien.


En conséquence, avec un pays doté d’immenses ressources ( or, coton, pétrole, fer) , dans une zone sahélienne aussi riche et en proie à toutes les menaces, la sécurité et la sûreté sont la priorité; gages de prospérité.
Par ailleurs, la présence des groupes terroristes qui livrent une guerre asymétrique aux Etats sahéliens et du Golfe de Guinée, utilisent des mines anti personnelles artisanales et  difficilement détectables et des méthodes de guérilla, exige de nouvelles méthodes de guerre.
De ce fait, les pays de la sous région: Niger, Guinée, Nigeria, Burkina Faso, Tchad, devraient suivre l’exemple du Mali.
Sur le long terme, ils devraient disposer d’un commandement intégré doté de ressources financières importantes et construit sur la base d’une approche militaire et stratégique afro-africaine.


L’utilisation de drones kamikaze tel que Kurgu-2 de fabrication turque lors des conflits Libyen est la preuve la plus éclatante que la culture africaine en matière de défense va devoir se réadapter.

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