Une coexistence pacifique entre ordre constitutionnel et autoritarisme en Afrique noire francophone?

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Les constitutions africaines sont des laboratoires de prolongation de mandats présidentiels. Censées à l’origine fixer la limitation des mandats présidentiels (entre autres), elles semblent résister désormais à la limitation des mandats, établissant de fait la monarchie présidentielle.
 Nous sommes passés de la soumission de l’Etat au droit, à la soumission du droit à l’Etat. Souvent au nom du prétexte fallacieux d’une ‘’panafricanisation’’ du contentieux électoral. De ce fait, l ’Afrique si prompte et disposée à se mondialiser voire se libéraliser sur d’autres plans, , se recroqueville ainsi , au nom d’un protectionnisme constitutionnel qui s’oppose non pas à la mondialisation ; mais simplement à la volonté du plus grand nombre, c’est-à-dire les peuples africains.
 En République Démocratique du Congo on viole les délais constitutionnels du mandat présidentiel pour se maintenir au pouvoir ; au Gabon, on entérine un contentieux électoral sans l’avoir au préalable , véritablement examiné ; au Congo Brazzavile, on modifie la constitution contre la volonté du peuple.
 C’est ici que je donne raison au professeur Stéphane Bolle lorsqu’il affirme que : ‘’chaque constitution est moins importée d’occident que manufacturée sur place par des africains, pour des africains”. Seul bémol, il ne s’agit pas à mon sens des peuples africains en majorité mais plutôt d’une oligarchie soutenue par une élite comprador et supervisée par des factions armées.
 De conséquence, la constitution n’apparait plus comme un régulateur de la vie sociale mais bien comme un instrument de la légitimation d’une terreur qui s’appuie sur ‘’un respect de la constitution’’ dont la violence d’Etat en serait le dernier rempart.
 Il nous faut aujourd’hui re-fabriquer les constitutions ; elles doivent être originelles et non plus politiques. Elles ne doivent pas systématiquement se sédentariser et être figée, elle peuvent rester nomades, à condition que leur parcours converge avec la destinée des peuples d’Afrique francophone.
 Mais tout ceci ne peut être possible que grâce à une volonté politique réelle et une véritable maturation politique et citoyenne des peuples concernés. Ces constitutions doivent <<prévenir le retour à l’autoritarisme et ne pas être le seul fait du prince >> car l’autoritarisme ne saurait coexister avec l’ordre constitutionnel.
 Enfin, elles doivent être le fruit d’un referendum de ratification.
 Ngouedi Marocko, doctorant en droit public comparé et international. Université de Rome 1-La Sapienza

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