Burkina-Faso: le mystère  Paul Henri Sandaogo Damiba.

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Le 23  janvier 2021 des bruits de bottes se faisaient entendre au Burkina Faso,  un jour plus tard, le 24 janvier, le monde entier découvrait le visage du nouvel homme fort de Ouagadougou.  Paul Henri Sandaogo Damiba. 

Cependant, s’il est certain que l’homme est un officier de l’armée burkinabè, il n’en demeure pas moins qu’il y a un mystère sur sa personne mais surtout sa pensée. 

Qui est-il véritablement et quelle est sa pensée? 

la réponse, il faut la trouver dans ses écrits. 

L’homme peut être défini comme un militaire réformateur. Il est théoricien, praticien et fin connaisseur de la guerre.

 Sa vision de l’art de la guerre s’inspire en partie de celle de Sun Tzu. Il semble être un homme méthodique à travers ses écrits. Ses références scientifiques sont assez diversifiées car il cite des analystes tels que Steven Metz et Douglas Johnson ou encore la  Joint Strategy Review.

Difficile de porter un jugement définitif car l’homme reste tout de même à découvrir.

Cela dit, en le lisant, on peut tout de même déduire qu’il appartient au courant des officiers militaires africains  que l’on peut qualifier  aujourd’hui de  ”réformateurs, patriotes et pragmatiques”, une sorte de ”neo panafricaniste”, dans la même lignée que celle de Assimi Goita du Mali.

Réformateur car il estime que les réponses actuelles à la menace terroriste sont dépassées, inadaptées et incertaines; Il faut donc les remodeler. 

Dans son ouvrage intitulé ” Armées Ouest-Africaine et terrorisme : réponse incertaines ?’’  L’homme s’appuie d’ailleurs sur le cas du Mali entre autres, pour construire un raisonnement et analyser le terrorisme au Sahel.

Son objectif principal devrait donc être celui de déraciner le terrorisme en s’appuyant sur une nouvelle approche de lutte anti terroriste et opter pour une grande transformation de l’armée burkinabè. 

On peut même  s’attendre à un rapprochement stratégique entre le Burkina-Faso, le Mali et dans une moindre mesure la Guinée, même si cette dernière qui abrite sur son sol des cellules  dormantes de la mouvance idéologique de l’islamisme radical, n’a pour l’heure (fort heureusement) pas été frappé par des actes terroristes. Pour preuve, le Colonel Damiba évoque la nécessité d’un renforcement de la coordination des services de renseignement Ouest-africains pour défaire et éradiquer le terrorisme. 

Cela ne semble pas étonnant car les  nouveaux régimes militaires d’Afrique de l’Ouest  ont apparemment pour particularité la volonté de se focaliser sur la sécurité du territoire et des citoyens.  

Autre élément important, on retrouve dans la pensée de Damiba, un souci de préservation et de reconstruction d’un idéal culturel burkinabè, il s’insurge contre des valeurs exogènes que les terroristes tenteraient d’imposer par la force aux Femmes et Hommes du Faso.

Toutefois, on ne note pas chez le nouveau Président Burkinabè, du moins à travers ses écrits, une hostilité vis à vis de la France, ses partenaires européens et toute autre puissance étrangère (Chine, Etats-Unis Russie). Toute chose qui laisse penser pour l’heure qu’il s’agit d’un patriote plutôt modéré et non aligné. 

On peut également souligner que Paul Henri Sandaogo Damiba évoque le rôle de certaines Petro Monarchie dans le financement du terrorisme au Sahel.

Cela dit, si , depuis la prise de pouvoir par l’armée, la rue burkinabè s’est montrée plutôt favorable à la grande muette, la feuille de route des nouvelles autorités burkinabè demeure une énigme. 

Certes, depuis ce troisième coup d’Etat militaire, l’opinion publique africaine via les réseaux sociaux se permet même de rêver en évoquant une alliance du ‘’G3’’ c’est-à-dire le Burkina-Faso, la Guinée, le Mali, une sorte de triangle d’or. Une alliance qui si elle se concrétise du point de vue militaire technologique et du renseignement permettrait à toute la région du Sahel de stopper le morcellement géopolitique en cours.

En attendant, les citoyens burkinabè retiennent leur souffle et espèrent que ce nouveau régime sera l’artisan de la restauration de la sécurité nationale, de l’intégrité du territoire et de la paix et la justice sociale. 

WHC.

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